Du 7 mai au 13 novembre 2011
Depuis les parois peintes des grottes préhistoriques jusqu'à nos jours, la représentation animale n'a cessé d'accompagner les hommes. Car questionner le sujet animal conduit inéluctablement à une réflexion sur l'humanité.
Traversant le bestiaire médiéval enluminé, escortant fidèlement les saints de l'église ou les dépouilles des rois, la figure animale est liée à l'homme dès les origines.
Et le silence des bêtes ne peut qu'exciter la curiosité des artistes, les inciter à créer des oeuvres afin de percer ce mystère, d'y ouvrir une brèche.
Jean-Louis Fassi - GD9
Animal-machine, animal sauvage et indompté ou compagnon fidèle, de nombreuses facettes sont ici abordées par les artistes que traversent les questionnements du monde actuel. La réflexion sur le vivant est aujourd'hui omniprésente avec les lois sur la bioéthique, le clonage... La vision occidentale de la relation humain-animal ne considère plus les différentes espèces comme appartenant au même grand ensemble vivant.
L'évolution verra-t-elle l'animal réduit à un produit de consommation comme un autre, non plus enveloppé de son pelage et de ses plumes mais d'un simple code-barres?
Les influences convoquées par les artistes sont multiples, intimes ou mythologiques, protéiformes, et si la mythologie nordique est citée, c'est bien pour montrer qu'en partant de l'animal on aboutit à une réflexion sur la vie et la mort, intimement nouées.
Marielle Lipmann - Tentative d'évasion
Les artistes du MACY se sont saisis du thème animalier avec délectation, gravité et humour aussi, avec une envie de questionner l'animalité en y plongeant de tout leur art et leur sensibilité.
La multiplicité des techniques utilisées, peinture, cire, terre cuite, gravure... sont là comme pour faire écho à l'infinie variété des espèces, à la richesse des plumes, des pelages, des regards.
Les oeuvres et les mots employés par les artistes eux-mêmes pour évoquer leur travail accordent une large place à la nostalgie, à un monde du passé qui n'est plus. A une légèreté de l'enfance où le rapport aux bêtes était sans doute plus présent, plus quotidien et qui a laissé durablement son empreinte. Comme si un monde ancien, éloigné revenait à la surface au moment de créer une oeuvre animale.
Qu'en est-il aujourd'hui du rapport de chacun avec cet autre étrangement proche ?
Exposition présentée du 7 mai au 13 novembre au musée A.G.-Poulain
12, rue du Pont - 27200 Vernon
Tél. : 02 32 21 28 09
Véronique Roca - Le vol d'Icare
Le MACY (Mouvement des Artistes Contemporains en Yvelines)
Le MACY est un collectif composé d'une vingtaine d'artistes contemporains des Yvelines, travaillant tous types de matériaux. Le musée de Vernon leur a passé commande sur le thème de l'animal, en invitant chaque artiste à s'inspirer des oeuvres présentes dans le musée. Les oeuvres ainsi créées seront exposées dans tous les espaces du musée, offrant une nouvelle approche et un regard contemporain sur les collections.
Il y a deux raisons qui peuvent pousser des artistes à se réunir. La première, c'est la volonté de manifester une ambition esthétique commune, souvent en rupture avec l'environnement. Ce fut le ciment de la plupart des groupes de peintres d'un siècle et demi, depuis les participants de la première exposition impressionniste, jusqu'à Support-Surface, en passant par les Nabis, Cobra et tant d'autres.
La deuxième raison, c'est le plaisir de se retrouver entre amis pour pratiquer ensemble son art. Ainsi, de grands solistes se réunissent-ils parfois pour faire de la musique de chambre. Cette motivation est plus rare chez les peintres ou les sculpteurs : leur art est éminemment individuel, et on n'imagine guère comment le pratiquer en groupe. C'est pourtant ce plaisir de se retrouver qui réunit les membres du Mouvement des Artistes Contemporains en Yvelines, et leurs invités.
Etienne Prat - Ah! Les vaches...
Héritiers d'une association créée au lendemain de la seconde guerre mondiale (sous le nom de «Peintres du Mantois»), ils en gardent les principes fondateurs. Loin de chercher à défendre une manière commune, ils se veulent représentatifs de l'éventail le plus large possible des tendances de l'art contemporain. Figuratif ou abstrait, amoureux de la lumière ou de l'abstraction lyrique, chacun suit sa voie avec passion, tout en restant ouvert aux autres. Etant entendu qu'il faut, bien sûr, une maîtrise technique consommée, les seules conditions pour rejoindre le groupe sont là : une démarche ambitieuse et un souci permanent de la convivialité.
Malgré la disparité des pratiques, les expositions du MACY présentent une certaine cohérence, fruit de l'habitude et de l'amitié : il ne s'agit pas d'écraser le voisin pour se faire remarquer dans un ensemble hétéroclite où chacun jouerait sa carte personnelle, mais bien d'exposer ensemble, pour un plaisir partagé.