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Les amis du musée de Vernon - 22 années d'enrichissement des collections |
Les amis du musée de Vernon - 22 années d'enrichissement des collections
Du 15 janvier au 28 février 2010
Souvent méconnus du grand public, les Amis contribuent pourtant de manière essentielle à la vie des musées en participant entre autres à la recherche et la fidélisation des publics, à la mise en place de manifestations diverses, et d'une manière générale en favorisant toute entreprise tendant à l'enrichissement et à la conservation des collections, ainsi qu'à leur meilleure connaissance par le public. Le musée A.G. Poulain est au coeur de la ville de Vernon, ouvert sur le monde qui l'entoure. Le rayonnement du musée A.G Poulain repose en grande partie sur le soutien et la fidélisation de son public, il est donc nécessaire d'offrir à ce dernier des occasions de s'engager et s'investir, de soutenir les objectifs et activités du musée. Pour cela, Amis et Musée collaborent dans un esprit inventif et créatif.
C'est pour célébrer un partenariat désormais long de plus de 20 ans, que le Musée de Vernon a décidé de rendre hommage à ses Amis. L'exposition «Amis du musée de Vernon : 22 années d'enrichissement des collections», se décline suivant une triple volonté: mettre en lumière le fonctionnement et l'action de la Société des Amis du Musée; rendre par là-même plus visibles les rouages de la vie muséale; et, pour et par cela, redévoiler une partie des oeuvres les plus caractéristiques du musée, acquises avec l'aide de l'Association. Pour répondre en toute logique à cette volonté de clarté et lisibilité quant à sa collaboration avec ses Amis, le musée a fait le choix d'une exposition-parcours au sein de ses collections permanentes. Le visiteur est amené à déambuler dans le musée et à y découvrir ou redécouvrir, les dons et participations des Amis. Th. A. Steinlen (1859-1923) - Chats
Lithographie au crayon noir - H. 84; L. 69 cm.
Après avoir étudié la théologie à l'université de Lausanne, il se tourna rapidement vers les arts et vint à Paris en 1881. Dès 1883 il logea sur la butte Montmartre et s'intégra rapidement à l'univers artistique qui s'y développait. A partir de 1884, il fréquenta régulièrement le cabaret Le Chat Noir, Toulouse-Lautrec et Aristide Bruant, se consacrant dès cette période exclusivement à l'illustration. Les dessins et pastels devinrent son moyen d'expression préféré pour croquer la vie quotidienne de la rue et ses petits métiers avec un grand réalisme. Adversaire de l'injustice, compatissant envers les déshérités qui étaient alors nombreux à Montmartre, il mit en scène dans ses dessins les malheureux, mendiants, ouvriers dans la misère, gamins dépenaillés et filles de joie.
Il collabora au journal Le Chat Noir comme illustrateur par des dessins mordants dans lesquels il décrivait la misère et les injustices, mais réalisa aussi des nus d'une grande sensualité. Par la suite, divers journaux humoristiques, tels que L'Assiette au Beurre, Le Gil Blas Illustré et le célèbre Le Rire, lui proposèrent des collaborations, et en 1911, il fonda avec les deux caricaturistes Forain et Léandre, le journal Les Humoristes. L'illustration présentée ici met en scène trois chats étendus sur le flanc gauche, dans un décor d'atelier. Une atmosphère poétique de douceur et de bien-être se dégage de cette composition caractéristique de l'artiste. Car outre ses talents de croqueur acerbe et réaliste de la société contemporaine, Steinlen a souvent été considéré comme un peintre des chats. Dès son installation à Paris en 1881, il commence à les collectionner et vit rapidement entouré de félins. Il en épia tous les moments de la vie: de l'éveil au sommeil, s'étirant, s'amusant. Si c'est son oeuvre d'affichiste et d'illustrateur qui a sans doute marqué le plus ses contemporains, dominant toutes les autres dans le souvenir des gens, il faut retenir une célèbre version de ses animaux préférés: l'affiche du Chat Noir. On peut penser qu'il eut l'occasion d'observer, pour son inspiration, les gravures japonaises qui circulaient à Paris depuis 1890 et qui mettaient en scène des chats ou d'autres animaux jouant.
L'oeuvre présentée ici fut achetée en galerie avec leur participation, en 1991. Elle est l'une de leurs premières actions d'acquisition, et s'inscrit parfaitement dans la logique des collections du musée. Le Barbier L'Aîné (1738-1826) - Portrait de Jean-Baptiste Lemoyne de Belle-Isle
Huile sur toile, 1786
Devenu délégué de la Noblesse aux Etats Généraux de 1789, Jean-Baptiste Lemoyne de Belle-Isle fut probablement inquiété par la tourmente révolutionnaire, et les modifications des patronymes qui s'ensuivirent n'ont plus permis de connaître la destinée de la famille. Le Seigneur de Vernonnet a ici été représenté par Jean-Jacques François Barbier, dit le Barbier l'Aîné, peintre né à Rouen en 1738 et mort à Paris en 1826, dont on peut voir la signature sur la base de la colonne à l'arrière-plan. Issu d'une famille peu fortunée, il entra à l'école des Beaux-Arts de Rouen et y remporta deux premiers prix dès l'âge de 17 ans. Parti en 1758 pour Paris, il fit ses premières études dans l'atelier de Pierre, premier peintre du Roi. Après avoir fait le tour d'Italie et effectué un long séjour à Rome (1767-1768), il fut agréé comme peintre d'Histoire à l'Académie en 1780, puis fait académicien en 1785, et membre de l'Institut en 1816. Il fut un ardent propagandiste des principes picturaux académiques de David et de Vien, et encouragea l'abandon des formes gracieuses du XVIIIe siècle. Le tableau a été acquis auprès du comte Bernard de Béthune Hesdigneul, qui en avait lui-même hérité de son père, le prince de Béthune Hesdigneul. La maison ducale et princière de Béthune compte parmi les plus anciennes et illustres maisons de France et d'Europe. D'ancienne chevalerie, elle remonte au Xe siècle, et fut divisée en une branche, comprenant notamment les ducs de Sully (dont le fameux Sully, surintendant des finances d'Henri IV), une deuxième comptant les princes de Béthune Hesdigneul, et une troisième, enfin, connue sous le nom de Balfour, qui s'est établie en Ecosse.
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