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Contre vents et marées ou l'histoire des souffleries du LRBA |
Contre vents et marées ou l'histoire des souffleries du LRBA
Du 29 janvier au 14 mars
Pendant soixante ans, le LRBA n'a cessé de travailler sur les technologies innovantes, s'adaptant aux évolutions techniques, économiques et politiques. Ses équipes assurent l'expertise de la Direction Générale à l'Armement, (DGA), du ministère de la Défense pour les systèmes de missiles et de navigation. Du 29 janvier au 14 mars 2010, le musée A.G.-Poulain de Vernon propose, avec le concours de la ville de Vernon, l'exposition «vents et marées», consacrée à l'histoire des souffleries du LRBA et du bassin d'essais des Carènes. A cette occasion, le LRBA et AVAS (Association pour la valorisation de l'aventure spatiale européenne), qui milite pour la transformation du site de la soufflerie en un espace multifonction dédié à l'aventure spatiale européenne, évoqueront un demi-siècle d'essais aérodynamiques à Vernon. Quel est le point commun entre la fusée Véronique, les moteurs fusées Vexin, Valois, Viking ou encore Vulcain qui équipe Ariane, et la première plate forme inertielle de navigation? Réponse: ils ont tous été conçus à Vernon!
Pour le public, le LRBA est souvent associé à Véronique, la fusée-sonde des années 1950, ou aujourd'hui, à Galileo, le futur système de radio navigation européen par satellites. Cependant, ces grandes aventures techniques ne sont que le reflet d'une faible partie de ses activités. Les essais aérodynamiques constituent un volet souvent méconnu des nombreuses activités du LRBA, même si Véronique, Concorde ou Ariane ont affronté le souffle puissant des souffleries de Vernon. Il y a 10 ans, l'arrêt des activités du tunnel hyper balistique un an après celles de la soufflerie supersonique1 C4, marquait la fin d'un demi-siècle d'essais aérodynamiques au Laboratoire de Recherches Balistiques et Aérodynamiques (LRBA). Si les artilleurs commencèrent à s'intéresser aux effets de la résistance de l'air sur la trajectoire dès le milieu du XIXème siècle, il faudra cependant attendre de début du XXème pour voir apparaître les premiers essais en soufflerie. La France se dote alors de quelques souffleries d'étude: soufflerie Eiffel, Chalais-Meudon, Saint Thomas d'Aquin, etc.. Dès la fin des années 1930, la France cherche à se doter d'un moyen d'essais pour le développement des obus, roquettes et missiles. La guerre stoppera cette réalisation qui sera reprise en 1946 et aboutira à la construction de la soufflerie C4 du LRBA (C pour continue et 4 pour le Mach3 le plus élevé de cette soufflerie).
La fin de la Seconde Guerre Mondiale marque le développement spectaculaire des souffleries en France et dans le monde. Dès les années 1950, Vernon se dote de 8 souffleries et de 2 tunnels de tir. Après un bref rappel de l'ensemble des moyens d'essais aérodynamiques du LRBA, cette exposition évoquera l'histoire des deux plus importants: la soufflerie supersonique C4 et le tunnel de tir hyper balistique. Mesurer les efforts, les pressions, les trajectoires de maquettes aéronautiques ou spatiales volant à des vitesses pouvant atteindre mach 18 nécessite des moyens d'essais et de mesures performants et souvent uniques. Ce sont deux de ces moyens qui seront présentés et qui ont permis au LRBA de contribuer à l'amélioration des performances des missiles militaires mais également du Concorde ou encore du lanceur Ariane. Aimablement prêtée par le comité jeune du groupe régional Poitiers Centre Atlantique de l'Association Aéronautique et Astronautique de France (3 AF), la soufflerie EOLIA, en visualisant les écoulements d'airs autour de divers objets, permettra aux plus jeunes de mieux comprendre le rôle important d'une soufflerie. Moyen d'essais encore indispensables pour étudier les écoulements d'air autour des ouvrages d'art, des mobiles ou des bâtiments, les souffleries ont leur équivalent pour le domaine maritime. En Normandie, au Bassin d'essais des carènes de Val de Reuil, la DGA dispose d'un moyen d'essais pour l'étude de la cavitation et de la discrétion acoustique des propulseurs navals, au profit des bâtiments de surface civils ou militaires et des sous-marins. C'est un moyen unique au monde par sa haute technologie, par la grande variété d'essais possibles, mais aussi par son «»... Ce moyen dénommé «Grand Tunnel Hydrodynamique» se présente comme une grande soufflerie dans laquelle l'air est remplacé par de l'eau et dont on peut moduler la pression et la vitesse d'écoulement dans les «'essais», c'est-à-dire les tronçons du tunnel dans lesquels sont placés les modèles à tester, afin de simuler des conditions représentatives d'immersion et de vitesse du navire ou du sous-marin au réel. |